UN Watch poursuit une campagne globale après que les États-Unis ont imposé des sanctions au dictateur

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Genève, le 7 juillet 2016 — UN Watch a aujourd’hui appelé tous les pays à suivre l’annonce des États-Unis et à imposer des sanctions ciblant le dictateur nord-coréen Kim Jong-un.

Même si la communauté internationale applique déjà un éventail de sanctions contre Pyongyang, la décision de Washington datant de mercredi dernier est sans précédent: il s’agit en effet de la première fois que des fonctionnaires du gouvernement sont personnellement ciblés.

UN Watch est à la tête de cet appel depuis septembre 2014; à cette époque, 20 transfuges nord-coréens avaient écrit au Président suisse Didier Burkhalter pour lui demander de geler les comptes en banque du régime nord-coréen dans son pays. Le Président suisse avait répondu à cette lettre qui fut citée par de nombreux médias, notamment CNN, le Washington Post, et le Wall Street Journal.

“La communauté internationale doit montrer qu’elle se préoccupe vraiment de la souffrance du people nord-coréen par des actions, pas seulement des mots” a déclaré Hillel Neuer, Directeur exécutif de UN Watch, l’organisation de défense des droits de l’homme basée à Genève, et fer de lance de la campagne.

“En tant qu’ONG suisse, nous avons commencé par demander à notre pays de se montrer moralement exemplaire. Encouragés par ce nouveau geste américain, nous appelons désormais tous les pays qui soutiennent les droits de l’homme à suivre cet example et à offrir de l’espoir au peuple captif et oppressé de Corée du Nord, victime d’un des régimes les plus brutaux et inhumains du monde” a ajouté Neuer.

UN Watch est l’une des organisations militant pour les droits de l’homme en Corée du Nord les plus actives aux Nations Unies, invitant victimes et transfuges pour témoigner lors des sessions animées par l’ONU et les ONG.


Le 19 septembre 2014

Lettre ouverte au Président de la Confédération suisse pour le gel des actifs du régime nord-coréen en Suisse

Son Excellence,

Nous avons été témoins et avons fait l’expérience des ignobles violations des droits de l’homme commises de manière courante et systématique par le régime nord-coréen sur son propre peuple, et ce depuis des décennies.

Suite à ces atrocités, et pour les raisons exposées ci-dessous, nous vous demandons de procéder au gel immédiat de tous les actifs financiers situés dans votre pays, la Suisse, appartenant aux leaders du régime nord-coréen, lesquels sont directement responsables des crimes contre leur propre peuple.

Nous faisons cette demande à partir des éléments suivants:

(a) Découvertes de la Commission d’enquête des Nations Unies sur les droits de l’homme en Corée du Nord

Comme vous le savez, la Commission d’enquête des Nations Unies chargée d’enquêter sur les archives des droits de l’homme en Corée du Nord a conclu à « des motifs valables de penser que des crimes contre l’humanité ont été commis en République Populaire Démocratique de Corée, conformément à des mesures établies au plus haut niveau de l’État pendant des décennies. »

Ces crimes consistent en « l’extermination, le meurtre, l’esclavagisme, la torture, l’emprisonnement, le viol, l’avortement forcé et autres violences sexuelles, la persécution pour motif politique, religieux, racial, ou sexuel, le déplacement forcé de populations, la brusque disparition de personnes, et l’acte inhumain qui consiste à causer de manière consciente une famine prolongée. »

L’ONU a également conclu que la Corée « présente de nombreuses caractéristiques d’un État totalitaire: la règle du parti unique, dirigé par une seule personne, est fondée sur une idéologie directrice élaborée. »

Par conséquent, l’ONU a conclu que le leader nord-coréen Kim Jong-un est le principal responsable de ces violations des droits de l’homme. La Commission d’enquête a trouvé de multiples indices indicatifs de la responsabilité du gouvernement central.

(b) La Suisse a soutenu la création et les découvertes de la Commission de l’ONU

La Suisse a une responsabilité morale d’agir par rapport aux découvertes de la Commission d’enquête dans la mesure où elle a joué un rôle clé dans son établissement et sa promotion. En tant que membre du Conseil des Droits de l’Homme pour l’année 2013, la Suisse a activement soutenu la résolution qui a créé la commission d’enquête (A/HRC/RES/22/13); en outre, la Suisse a parrainé la résolution du Conseil (A/HRC/RES/25/25) qui a formellement adopté le rapport de la Commission le 28 mars 2014.

Veuillez noter que la Résolution 25/25 appelait l’Assemblée Générale à demander au Conseil de Sécurité de réfléchir à une façon d’engager la responsabilité des violateurs des droits de l’homme et responsables de crimes contre l’humanité. La résolution de l’ONU appelle plus précisément à réfléchir à « des sanctions efficaces et ciblées contre ceux qui semblent porter la plus grosse part de responsabilité des crimes contre l’humanité. »

La Suisse n’a pas de raison légale ou morale d’attendre avant de procéder à ces sanctions ciblées vitales. Il est du devoir de la Suisse de se conformer à ses appels à l’action au Conseil des Droits de l’Homme en agissant selon sa propre capacité, faisant écho aux préoccupations profondes qui ont été exprimées et confirmées par de multiples organes de l’ONU.

(c) La loi suisse et sa jurisprudence soutiennent les arguments en faveur d’un gel des actifs nord-coréens

La Suisse a toutes les dispositions légales et la jurisprudence nécessaire pour agir pour le peuple de Corée du Nord. Nous rappelons que, agissant d’après ces lois, la Suisse à dernièrement gelé les actifs de plusieurs leaders étrangers, y compris Bachar el-Assad de Syrie, Hosni Moubarak d’Égypte, Zine El Abidine Ben Ali de Tunisie, et Mouammar Kadhafi de Libye.

La Suisse l’a fait conformément à la loi suisse: la Loi sur les embargos (2002) et la Loi sur la restitution d’avoirs illicites (RIAA/LRAI 2011). En outre, en 2014, la Suisse a adopté une nouvelle loi sur le sujet, la Loi fédérale sur le blocage et la restitution des valeurs patrimoniales d’origine illicite de personnes politiquement exposées à l’étranger, qui souligne d’autant plus l’engagement du gouvernement à traiter cette question importante.

Conclusion

En conclusion, conformément à la loi internationale, la loi nationale suisse, la jurisprudence suisse, et les principes de base de moralité et d’humanité, et avec tout notre respect, nous engageons la Suisse à geler immédiatement tous les actifs des leaders nord-coréens, qu’ils demeurent à leurs noms ou à ceux de leurs associés sur le territoire suisse.

Cordialement,

Kang Cheol Hwan

Parce que son grand-père fut accusé à tort de trahison envers la nation, tous les membres de sa famille furent envoyés au Camp 15, jugés coupables par association.

Shin Dong Hyuk

Né au Camp 14, il fut témoin de l’exécution publique de sa mère et de son frère. Pendant son séjour au Camp 14, il fut soumis à plusieurs types de torture.

Ahn Myeong Chui

Parce que son père s’était suicidé, sa famille fut envoyée dans un camp de prison politique, jugés coupables par association.

Jeong Kwang II

Accusé à tort d’espionnage et envoyé au Camp 15. Au camp 15, il fut soumis à une horrible torture, notamment à la torture du pigeon, aux coups, et à la famine.

Kim Young Soon

Elle, ainsi que tous les membres de sa famille, furent envoyés au Camp 15 juste sous prétexte qu’elle était une amie de la femme de Kim Jong II.

Lim Jeong Soo

Son père ayant été prisonnier de guerre, tous les membres de sa famille furent envoyés dans un camp de prison politique. Son père est mort dans un camp sous une torture extrême. Sa mère et ses deux frères sont morts de faim dans un camp. Des agents ont également brûlé son estomac au fer chaud. Il vécut dans un camp pendant 22 ans.

Lee Keum Ran

S’étant échappée de Corée du Nord, elle fut attrapée en Chine et rapatriée en Corée du Nord. Après son rapatriement, elle fut détenue au Camp 15 et témoin d’horribles procédés de torture imposés à d’autres détenus tels que l’avortement forcé, les coups et ainsi de suite. Elle-même en fit les frais.

Kim Eun Cheol

Il fut détenu au Camp 15 juste parce qu’il s’était échappé de Corée du Nord. Au Camp 15, il fut soumis à la torture telle que des coups et la famine. Il fut aussi témoin d’exécutions publiques de d’autres prisonniers.

Lee Soon Shil

Elle fut rapatriée 9 fois en Corée du Nord depuis la Chine et soumise à une horrible torture dans un camp de travail. Des agents ont brûlé son corps au fer chaud et l’ont frappée. Sa fille fit l’objet de trafic humain en Chine.

Kim Tae Jin

Il s’était échappé de Corée du Nord mais fut rapatrié depuis la Chine. Détenu au Camp 15, il fut torturé, rué de coups, et forcé de s’asseoir toute la journée sans bouger.

Kim Dong Ram

Son fils fut envoyé en camp de prison politique sans procès juste parce qu’il s’était échappé de Corée du Nord et avait eu un contact avec la chrétienté.

Kim Kwang Hwi

Sa famille était liée à Kim Sung Ae, la femme de Kim II Sung. Pendant les années 70, sa famille fut exclue de la politique et envoyée en camp de prison politique.

Kim Hye Sook

Elle fut envoyée en camp de prison politique lorsqu’elle avait seulement 13 ans, jugée coupable par association.

Park Soon Hee

La famille de son collègue s’était échappée de Corée du Nord, mais des agents nord-coréens les ont kidnappés en Chine et ramenés en Corée du Nord. Ils furent ensuite envoyés en camp de prison politique juste parce qu’ils s’étaient échappés de Corée du Nord.

Jeong Hee Soon 

Elle et sa fille s’étaient échappées de Corée du Nord pour gagner de l’argent en Chine. En Chine, sa fille voulait se rendre en Corée du Sud, mais en route pour la Corée du Sud, sa fille fut rattrapée par la police chinoise et rapatriée en Corée du Nord. Plus tard, sa fille fut envoyée dans un camp de prison politique.

Kim Mi Hee

Sa famille fut accusée à tort d’avoir cassé la statue de Kim II Sung et fut envoyée en camp de prison politique. Près de 90 personnes qui étaient reliées à sa famille ont également été envoyées en camp de prison politique, accusées à tort.

Kwon Young Hee

Son frère s’est échappé de Corée du Nord pour gagner de l’argent en Chine. Cependant, comme il s’agissait de la période de deuil national après la mort de Kim II Sung, il fut arrêté en Chine et rapatrié en Corée du nord, puis envoyé dans un camp de prison politique et traité plus sévèrement parce qu’il s’était échappé de Corée du Nord pendant la période de deuil national suivant la mort de Kim II Sung.

Shin Hye Sook

Son mari a fréquemment traversé la rivière entre la Corée du Nord et la Chine pour aller voir sa soeur en Chine. Cependant, une personne du même village qu’elle l’a dénoncé à l’Agence de Sécurité Nationale, puis il fut envoyé dans un camp de prison politique. Shin Hye Sook fut également forcée de divorcer de son mari par la NSA.

Ji Seong Ho

Il fut amputé de son bras et de sa jambe suite à un accident de train en Corée du Nord. S’étant échappé de Corée du Nord à cause de la famine, il fut rapatrié et soumis à une horrible torture. A cause de son handicap physique, il fut traité plus sévèrement que les autres prisonniers de Corée du Nord.

Ji Hyeon Ah

Elle s’est échappée de Corée du Nord et fut rapatriée trois fois. Alors qu’elle faisait l’objet d’une enquête par la NSA, elle fit l’expérience d’horribles violations des droits de l’homme et fut forcée d’avorter sans anesthésie. De plus, pendant qu’elle était détenue dans un camp de travail, elle fut témoin d’avortement forcé et d’infanticide sur d’autres prisonniers et sur les bébés de ces derniers.

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unwatch

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