A SUIVRE, CERTAINEMENT:

LA VENUE D’ERDOGAN, D’ASSAD, DE KIM JONG-UN

UN Watch exige un temps de parole égal pour la femme de Leopoldo Lopez, chef de l’opposition emprisonné

Maduro UN

Genève, 9 Novembre 2015 – Un mois avant les élections parlementaires du Venezuela, l’ONU a décidé de tenir une assemblée spéciale pour le président vénézuélien Nicolas Maduro, ce jeudi 12 Novembre, au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, suscitant les craintes des diplomates et militants des droits de l’homme.

UN Watch, une organisation non-gouvernementale de défense des droits de l’Homme basée à Genève, a demandé un temps de parole égal au discours [du président] pour Lilian Tintori, l’épouse du chef de l’opposition emprisonné Leopoldo Lopez. “Alors que les réunions du Conseil des droits de l’homme permettent le débat, celle de Maduro sera un « monologue, sans voix contradictoires”, a indiqué UN Watch.

Les leaders autoritaires ont un Nouveau Forum

“En accordant un forum spécial aux dirigeants totalitaires du Venezuela au sein de la plus haute instance des droits de l’Homme du monde – où aucune question ne pourra être posée, et aucune voix dissidente entendue – l’ONU a créé une pente glissante dangereuse. Ce n’est plus qu’une question de temps avant que la Turquie d’Erdogan, la Syrie d’Assad et la Corée du Nord de Kim Jong-Un réclament ce même podium, alors que normalement, ils n’en disposent qu’en septembre à New York. Le Conseil des droits de l’homme devient la risée du monde, et en porte l’entière responsabilité», a déclaré Hillel Neuer, Directeur exécutif de UN Watch.

Des diplomates ont tenté de bloquer la demande de Maduro

Selon les comptes rendus obtenus par UN Watch, le bureau du Conseil des droits de l’homme composé de 5 membres allemands a exprimé ses craintes de “possibles perceptions négatives» par l’octroi exceptionnel d’une assemblée pour le discours de Maduro avant les élections vénézuéliennes du 6 décembre.

“Les comptes rendus révèlent la forte résistance de plusieurs diplomates du CDH concernant l’accession à la demande du Venezuela de tenir cette réunion spéciale”, a déclaré Neuer.

Abbas at UNHRC

Une réunion spéciale pour Abbas a créé un précédent.

“Cependant, la récente décision du Conseil d’accorder un forum identique au président de l’OLP Mahmoud Abbas leur a lié les mains, car il n’était pas plausible de refuser au Venezuela un privilège qui a été accordé à ce que l’ONU considère comme un Etat observateur non-membre – d’autant que l’ONU, aussi absurde que cela puisse paraître, a juste réélu le Venezuela en tant que membre du Conseil des droits de l’homme ».

Le Venezuela a été réélu au Conseil des droits de l’homme malgré la répression généralisée

Neuer s’est opposé à la plus importante organisation des droits de l’homme de l’ONU concernant la tenue d’une réunion extraordinaire en faveur d’un régime largement critiqué pour son totalitarisme.

UN Watch a récemment dirigé l’opposition à la réélection du Venezuela au CDH, le 28 Octobre dernier – y compris en organisant une conférence de presse de l’ONU présentant le dissident vénézuélien et ancien ambassadeur de l’ONU Diego Arria – ce faisant déclenchant de vives réactions de Caracas.

“Notre récent rapport montre comment le régime Maduro supprime les opposants politiques et les manifestants étudiants, soumet les prisonniers à des traitements inhumains et dégradants, et limite la capacité des médias à exercer librement.”

“L’arrestation arbitraire et la condamnation injustifiée à 14 ans de prison contre le chef de file de l’opposition Leopoldo Lopez, ainsi que l’arrestation et le processus pénal arbitraires contre le maire de Caracas Antonio Ledezma, sont parmi les exemples les plus frappants de la persécution que subissent les dirigeants de la société civile et les opposants politiques au Venezuela”, a expliqué Neuer.

Plus de 3.000 manifestants, principalement des étudiants, ont été arrêtés au cours des manifestations pour la démocratie qui ont eu lieu entre février et décembre 2014.

Parmi eux, environ 100 sont toujours en prison, tandis que les autres ont été remis en liberté conditionnelle, et se sont vus interdire tout activisme politique. La police et les forces militaires vénézueliennes ont fréquemment recours à des mesures brutales et disproportionnées.

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unwatch

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