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Un camion militaire transportant un missile avec la tête du guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khameneï

GENÈVE, le 14 novembre – UN Watch a salué la lettre des 11 pays arabes à l’ONU dans laquelle ils accusent l’Iran d’être « un parrain étatique du terrorisme » à travers tout le Moyen-Orient, et d’aggraver « l’agressivité dans la région et la continuité du soutien aux groupes terroristes » depuis la signature de l’accord sur le nucléaire. Voir le texte intégral ci-dessous.

La lettre, publiée vendredi par l’ONU, a été signée par les ambassadeurs auprès de l’ONU du Bahreïn, de l’Égypte, de Jordanie, du Koweït, du Maroc, d’Oman, du Qatar, d’Arabie saoudite, du Soudan, des Émirats arabes unis, et du Yémen.

Les pays arabes ont exprimé leur inquiétude concernant le fait que la constitution iranienne « à travers ses modèles politiques et religieux, appelle à l’exportation de sa révolution dans les autres pays. »

Plus particulièrement, ils accusent l’Iran de soutenir la portée du terrorisme « depuis le Hezbollah au Liban et en Syrie, jusqu’aux Houthis au Yémen, et aux groupes et cellules terroristes au Royaume du Bahreïn, en Irak, au Royaume d’Arabie saoudite, au Koweït, et ailleurs. »

La lettre accuse l’Iran d’une « approche radicale » qui « sape la sécurité et la stabilité dans notre région et dans le monde arabe. »

Les défenseurs des droits de l’homme ont déclaré qu’il était important que les acteurs du Moyen-Orient dénoncent le terrorisme iranien, en particulier à la veille du vote de l’ONU sur une résolution condamnant l’Iran pour des violations courantes des droits de l’homme.

« L’Iran aime écarter toute critique des violations des droits de l’homme et de la brutalité sur son territoire et à l’étranger avec l’excuse d’un complot occidental, mais cela devient plus difficile lorsque ses accusateurs sont tous des gouvernements musulmans, notamment des alliés récents de l’Iran comme le Soudan » a déclaré Hillel Neuer, directeur exécutif de UN Watch, une organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme basée à Genève.


Note verbale datée du 27 octobre 2016, adressée au Secrétaire général par la Mission permanente des Émirats arabes unis auprès de l’Organisation des Nations Unies

        La Mission permanente des Émirats arabes unis présente ses compliments au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies et a l’honneur de se référer à la lettre ci-jointe adressée au Président de l’Assemblée générale et signée par les Représentants permanents du Royaume de Bahreïn, de la République arabe d’Égypte, du Royaume hachémite de Jordanie, de l’État du Koweït, du Royaume du Maroc, du Sultanat d’Oman, de l’État du Qatar, du Royaume d’Arabie saoudite, de la République du Soudan, des Émirats arabes unis et de la République du Yémen (voir annexe).

        La Mission permanente des Émirats arabes unis vous serait reconnaissante de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente note verbale et de son annexe comme document de l’Assemblée générale, au titre du point 8 de l’ordre du jour.

Annexe à la note verbale datée du 27 octobre 2016 adressée au secrétaire général par la Mission permanente des Émirats arabes unis auprès de l’Organisation des Nations Unies

Le 18 octobre 2016

Au nom de nos gouvernements respectifs, nous avons l’honneur de vous écrire au sujet du droit de réponse exercé par un représentant de la République islamique d’Iran le 26 septembre 2016, à la fin du débat général de la soixante et onzième session de l’Assemblée générale, au cours duquel une série d’allégations infondées ont été formulées. À cet égard, nous avons l’honneur de vous communiquer ce qui suit :

Nous sommes très mécontents de constater que par ses politiques régionales expansionnistes, ses violations flagrantes du principe de souveraineté et son ingérence continue dans les affaires intérieures des États arabes, la République islamique d’Iran continue de provoquer des tensions dans notre région et de la déstabiliser.

Nous constatons avec une vive inquiétude que la Constitution de la République islamique d’Iran prévoit l’exportation de la révolution à l’étranger, cette tâche incombant à des personnalités politiques et religieuses du pays. Nous insistons sur le fait que la République islamique d’Iran soutient le terrorisme dans notre région, qu’il s’agisse du Hezbollah au Liban et en Syrie, des Houthistes au Yémen ou encore des groupes et cellules terroristes présents au Royaume de Bahreïn, en Iraq, au Royaume d’Arabie saoudite, au Koweït et ailleurs.

S’agissant de la campagne militaire menée par la coalition constituée pour rétablir la légitimité au Yémen que le représentant iranien a mentionnée, nous rappelons qu’au mois de mars 2015, le Gouvernement légitime du pays a adressé une demande d’assistance, et notamment une demande d’intervention militaire, au Conseil de coopération des États arabes du Golfe et à la Ligue des États arabes en vue de protéger le Yémen et sa population contre l’agression persistante des Houthistes, soutenus par l’Iran. En réponse à cette demande, la coalition constituée pour rétablir la légitimité au Yémen a été formée sous la direction du Royaume d’Arabie saoudite, afin de protéger le Yémen et sa population et d’aider le pays à lutter contre le terrorisme.

Cette demande a été faite en totale conformité avec le droit international et le droit de légitime défense prévu à l’Article 51 de la Charte des Nations Unies. Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies en a été dûment informé par une lettre datée du 24 mars 2015 adressée par le Représentant permanent du Yémen auprès de l’Organisation des Nations Unies et par des lettres identiques datées du 26 mars 2015 de la Représentante permanente de l’État du Qatar (S/2015/217), tel qu’indiqué dans le préambule de la résolution 2216 (2015) du Conseil de sécurité.

De concert avec le Conseil de sécurité, la Ligue des États arabes, l’Organisation de la coopération islamique et le Conseil de coopération des États arabes du Golfe, nous condamnons avec la plus grande fermeté la dernière attaque en date menée par les Houthistes dans le détroit de Bab el-Mandeb, le 1er octobre, contre un navire affrété par les Émirats arabes unis, en violation flagrante du droit international. À cet égard, dans un communiqué de presse sur le Yémen publié le 4 octobre 2016, les membres du Conseil de sécurité ont déclaré qu’ils prenaient très au sérieux les menaces qui pesaient sur le transport maritime autour de Bab el‑Mandeb, point de passage maritime d’importance stratégique, et souligné qu’il importait de garantir l’exercice de la liberté de navigation dans le détroit et autour de celui-ci, conformément au droit international.

Nous condamnons fermement l’influence active qu’exerce la République islamique d’Iran sur le conflit. La République islamique d’Iran a aidé les Houthistes au Yémen sur les plans financier, stratégique et militaire, en entraînant des combattants houthistes et en acheminant illégalement des armes et des munitions dans le pays, en violation flagrante des résolutions 2216 (2015) et 2231 (2015) du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies. Plusieurs États Membres et les Forces maritimes combinées ont intercepté à de nombreuses reprises des cargaisons d’armes illicites envoyées par la République islamique d’Iran, comme l’a indiqué le Représentant permanent de l’Arabie saoudite auprès de l’Organisation des Nations Unies dans une lettre datée du 14 septembre 2016 adressée au Président du Conseil de sécurité (S/2016/786).

Nous réaffirmons notre appui aux efforts considérables que déploie l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, pour parvenir à un accord global visant à mettre fin au conflit dans le pays, conformément à l’initiative du Conseil de coopération du Golfe, aux conclusions de la Conférence de dialogue national et à son mécanisme d’application, ainsi qu’aux résolutions du Conseil de sécurité s’y rapportant, et nous invitons également les États Membres à prendre note du communiqué conjoint sur la situation au Yémen, publié par le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, les États-Unis d’Amérique, le Royaume d’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis le 22 septembre 2016.

Nous restons fermement convaincus que toute ingérence de la part de la République islamique d’Iran dans les affaires intérieures des États arabes est inacceptable et doit cesser. À cet égard, nous réaffirmons les propos que le Ministre des affaires étrangères du Royaume de Bahreïn, Khalid bin Ahmed bin Mohamed al‑Khalifa a tenus devant l’Assemblée générale le 26 septembre 2016, selon lesquels la seule solution est que la République islamique d’Iran modifie totalement ses politiques étrangères et mette fin aux hostilités, donnant ainsi à la région la possibilité d’entrer dans une nouvelle ère de stabilité et de développement.

Nous confirmons notre appui en faveur de l’accord nucléaire qui a été conclu entre les cinq plus un et la République islamique d’Iran. Il a permis à la République islamique d’Iran, qui faisait l’objet de sanctions depuis de nombreuses années, de normaliser ses relations avec les pays voisins et de s’engager ainsi en faveur de la stabilité régionale et du respect de la souveraineté des autres nations. Malheureusement, depuis la signature de l’accord nucléaire, l’Iran n’a fait que multiplier les agressions dans la région et maintenir son soutien aux groupes terroristes.

Par ailleurs, nous saluons de nouveau les efforts inlassables que le Serviteur des deux saintes mosquées, le Roi Salman bin Abdul Aziz al-Saud du Royaume d’Arabie saoudite, ainsi que le Gouvernement et la population du Royaume ont déployés en vue d’assister les pèlerins et les visiteurs des Lieux saints à l’occasion du hadj et de la oumra. Nous regrettons que la République islamique d’Iran ait exploité les tragiques événements de Mina à des fins politiques et qu’elle ait désespérément tenté, en usant de méthodes répréhensibles, de provoquer des conflits sectaires dans la région.

En outre, nous réaffirmons que les trois îles de la Grande-Tumb, de la Petite-Tumb et d’Abou Moussa, dans le golfe Arabique, font partie intégrante du territoire des Émirats arabes unis. Nous rejetons catégoriquement les allégations sans fondement de la République islamique d’Iran selon lesquelles ces trois îles émiriennes font partie du territoire de la République islamique d’Iran et continueront d’en faire partie. Les faits suivants, récemment exposés par la Représentante permanente des Émirats arabes unis auprès de l’Organisation des Nations Unies dans une lettre du 14 mars 2016 (S/2016/245), permettent de réfuter les allégations formulées par la République islamique d’Iran :

En premier lieu, la présence des forces iraniennes sur l’île d’Abou Moussa, qui se trouve dans le golfe Arabique, a débuté le 30 novembre 1971 conformément aux dispositions du mémorandum d’accord conclu le même mois. Lesdites dispositions ainsi que la carte délimitaient notamment la zone que les forces iraniennes étaient autorisées à occuper, qui correspondait à l’étendue de la juridiction iranienne sur l’île. Ce mémorandum est toujours en vigueur, a force obligatoire et constitue le seul fondement juridique à la présence des forces iraniennes dans la zone qui leur a été accordée sur l’île. Toute révocation unilatérale de ce mémorandum d’accord est nulle et sans effet juridique en ce qu’elle est contraire aux règles et principes du droit international.

En second lieu, les forces armées iraniennes se sont installées de force sur les îles de la Grande-Tumb et de la Petite-Tumb le 30 novembre 1971, en violation du paragraphe 4 de l’Article 2 de la Charte des Nations Unies. L’illicéité de toute acquisition de territoire résultant de la menace ou de l’emploi de la force est un principe établi du droit international. En effet, dans sa résolution 2625 (XXV) du 24 octobre 1970, intitulée « Déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les États conformément à la Charte des Nations Unies », l’Assemblée générale a souligné que nulle acquisition territoriale obtenue par la menace ou l’emploi de la force ne serait reconnue comme légale.

Nous demandons de nouveau à la République islamique d’Iran de restituer les îles occupées du golfe Arabique à leurs propriétaires légitimes, de leur plein gré ou par des moyens pacifiques, notamment en faisant appel à la justice internationale ou à l’arbitrage, afin de maintenir des relations amicales et de bon voisinage dans la région du golfe Arabique.

Nous soulignons une nouvelle fois que la stabilité et la prospérité économique de la région du golfe Arabique reposent sur le maintien de relations de bon voisinage et sur le respect des principes de souveraineté, d’indépendance et de non‑ingérence dans les affaires intérieures des États, ce qui tranche avec l’approche radicale de la République islamique d’Iran, qui compromet la sécurité et la stabilité dans notre région et dans le monde arabe.

Nous vous serions obligés de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre à tous les États Membres de l’Organisation des Nations Unies comme document de l’Assemblée générale, au titre du point 8 de l’ordre du jour.

Le Représentant permanent du Royaume d’Arabie saoudite
auprès de l’Organisation des Nations Unies
(Signé) Abdallah Y. Al-Mouallimi

Le Représentant permanent du Royaume de Bahreïn
auprès de l’Organisation des Nations Unies
(Signé) Jamal Fares Alrowaiei

Le Représentant permanent de la République arabe d’Égypte
auprès de l’Organisation des Nations Unies
(Signé) Amr Abdellatif Aboulatta

La Représentante permanente des Émirats arabes unis
auprès de l’Organisation des Nations Unies
(Signé) Lana Zaki Nusseibeh

La Représentante permanente du Royaume hachémite de Jordanie
auprès de l’Organisation des Nations Unies
(Signé) Sima Sami Bahous

Le Représentant permanent de l’État du Koweït
auprès de l’Organisation des Nations Unies
(Signé) Mansour Ayyad SH A Alotaibi

Le Représentant permanent du Royaume du Maroc
auprès de l’Organisation des Nations Unies
(Signé) Omar Hilale

La Représentante permanente du Sultanat d’Oman
auprès de l’Organisation des Nations Unies
(Signé) Khalifa Ali Issa Al Harthy

La Représentante permanente de l’État du Qatar
auprès de l’Organisation des Nations Unies
(Signé) Alya Ahmed Saif Al-Thani

Le Représentant permanent de la République du Soudan
auprès de l’Organisation des Nations Unies
(Signé) Omer Dahab Fadl Mohamed

Le Représentant permanent de la République du Yémen
auprès de l’Organisation des Nations Unies
(Signé) Khaled Hussein Mohamed Alyemany

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unwatch

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